Extrait de l'Elegie pour alto solo de I. Stravinsky

omme pour l'ensemble des instruments à cordes frottées, l'origine de l'alto est double. D'abord appelé Viola da Braccio, il est Issu à la fois du rebec et de la famille des violes qui coexistent au XVIe siècle. Ces dernières, munies de six cordes accordées en quarte restent encore aujourd'hui les instruments de prédilection des "baroqueux".
 
 
ême s'il adopte très vite sa forme définitive, dans un premier temps on distingue tout de même deux instruments : le ténor d'alto (tenore viola) et l'alto proprement dit (alto viola). Le premier disparaîtra au XVIIe siècle, pour des raisons de jouabilité. En effet son poids et son volume sont tels qu'il ne peut être joué d'une façon aussi virtuose que le violon ou le violoncelle, créant ainsi des contraintes d'écriture difficiles à respecter pour le compositeur écrivant pour le quatuor à cordes.
 
 
ertain compositeurs pensent encore aujourd'hui que l'alto, sinon par sa tessiture, du moins par son timbre reste plus proche du violon que du violoncelle, créant ainsi un "trou" dans l'équilibre du quatuor à cordes.
 
 
ar ailleurs, ses modes de jeu ne bénéficient ni de la proximité du violon, dont il n'a pas la virtuosité, ni de son éloignement du violoncelle, dont il ne peut reproduire les multiphoniques.
Son emploi reste donc justifié par la qualité de son timbre, dont la richesse est un outil irremplaçable pour le compositeur fondant sa démarche sur l'exploration du spectre instrumental. Gérard Grisey l'a employé dans ce sens dans "monologue" pour alto et "dispositif de résonnance".
 
 
a Sequenza VI pour alto seul de Luciano Berio, dont la partition est réécrite sous une forme concertante dans "Chemins III", constitue un contrexemple remarquable : la violence du traitement de l'instrument casse cette image traditionnelle de l'alto, et le place au centre de l'invention d'un nouveau geste instrumental.


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