par Myriam SOUMAGNAC
Piotr Moss, vous êtes un musicien dans la force de l'âge puisque vous êtes né en 1949; vous êtes sujet français mais d'origine polonaise; vos liens avec votre pays natal sont constants et vivants et c'est d'ailleurs en Pologne que vous avez fait vos études, musicales et autres, et acquis un métier des plus solides. Alors, pourquoi avoir choisi la France ?
Piotr Moss : C'est tout une histoire : je suis venu m'installer en France deux fois ; la première fois, c'était en 1976 et cela relevait d'une démarche naturelle comme à tout jeune compositeur polonais ayant terminé son apprentissage à Varsovie &emdash;c'était mon cas &emdash; ou à Cracovie ; non pas que, systématiquement, tous envisagent un séjour à Paris mais cela remonte malgré tout à une tradition ancienne instituée par Karol SZYMANOWSKI et qui est liée au destin de notre pays.
M. Soumagnac : La Pologne, on le sait, a été l'objet des fameux partages entre l'Autriche, la Prusse et la Russie. Je pense que c'est à cela que vous faites allusion ?
P. Moss : Exactement, et lorsqu'en 1919 le vent de la liberté s'est levé, c'est vers la France que nous nous sommes tournés et dans le domaine musical, c'est Szymanowski qui le premier s'est rendu à Paris ; il faut dire que c'était une époque magnifique que celle des années 20 à Paris et comme l'influence germanique pesait sur la création musicale en Pologne, cela semblait être l'antidote idéal.
Le premier concerto et la troisième symphonie de Szymanowski marquent une orientation nouvelle où se lit son admiration pour les impressionnistes français et lui-même a créé un mouvement de "jeunes compositeurs polonais en france" dont le but était de permettre à ses compatriotes de bénéficier de cet enrichissement, mouvement auquel adhérait mon futur maître, Piotr Perkowski. Lorsque, après avoir travaillé jusqu'à sa mort avec Grazyna Bacewicz, je suis entré en contact avec Perkowski, celui-ci m'a dit : "Tu dois aller à Paris pour te perfectionner avec Nadia Boulanger". Alors, quand mes études ont été terminées, j'ai passé un examen au Ministère de la culture afin d'obtenir une bourse du gouvernement français pour venir à Paris.
M. Soumagnac : C'était donc en 1976. Quelle furent alors vos impressions ?
P. Moss : Oh ! ça a été un choc ! j'avais 27 ans et, à ce moment là, en Pologne, je n'avais aucun mal à exercer mon métier de compositeur. J'avais des commandes pour le théâtre, pour la radio, ce n'était pas si difficile pour moi de vivre. Alors, en France, tout m'a semblé différent. J'étais un inconnu et Nadia Boulanger a complètement bouleversé ma pensée, je dirais, mon éthique musicale.
M. Soumagnac : C'est-à-dire ?
P. Moss : Il ne s'agissait pas de "leçons" de composition à proprement parler. Sur le plan du métier, j'avais déjà tous les atouts en main et puis Nadia Boulanger, c'était une "légende" encore vivante certes, mais qui incarnait une autre époque. cela dit, lorsque j'ai commencé à bien m'entendre avec elle, elle a exercé sur moi une influence que je dirais d'ordre spirituel : elle m'a fait toucher du doigt la notion de "responsabilité" de l'artiste ; elle disait que la création est un don qui n'appartient pas au seul créateur, lequel doit toujours faire son métier le mieux possible pour partager ses dons avec le public. j'aime cette philosophie et, en ce sens, je suis un musicien d'antan.
M. Soumagnac : vous avez donc travaillé un an avec elle, de 1976 à 1977 et puis vous êtes retourné à Varsovie ?
P. Moss : Eh oui ! Cette année de travail avec Nadia Boulanger s'est terminée pour moi par l'obtention du prix "Lili Boulanger" et je suis revenu en Pologne. et j'ai beaucoup pleuré. Les difficultés rencontrées à Paris se sont estompées, ce fut une douleur pour moi de me séparer de Paris comme le dit le héros de Tchékhov, Iranov: "quelquechose s'est brisé dans mon coeur, je ne suis pas le même".
J'ai regardé toute ma création passée comme le résultat d'une démarche illustrative et Nadia me voulait le compositeur d'une musique sérieuse, valant pour elle-même. Seulement, de nouveau, je suis retombé dans la vie agréable, les commandes pour le théâtre, les relations avec les comédiens qui, par parenthèse, sont plus amusants que les musiciens.
Mais, au fond de moi, subsistait le trouble : je savais que si je restais à Varsovie, je ne pourrais pas me soustraire à ces habitudes et à celle de penser la musique dans l'instant, au jour le jour. Alors, j'ai tout fait pour revenir à Paris et Dieu sait que ce n'était pas facile à ce moment-là ; je n'avais jamais pensé à émigrer et, malgré toutes les prises de position de mon maître Perkowsky, je me sentais plus proche de la musique slave ou germanique que de la musique française mais Paris me fascinait par cette potentialité que je n'avais pas à varsovie : changer mes processus de création et, par là-même, de vie et voilà comment, je me suis retrouvé à Paris en 1981. Pour longtemps, par hasard et pas par hasard.
M. Soumagnac : Que voulez-vous dire ?
P. Moss : Je voulais rester ici pendant cinq à six mois et puis, comme vous le savez, il y a eu le fameux état de siège et je me suis dit : "c'est le destin qui a pris la décision". C'était mon choix et, en même temps, ce n'était pas le mien.
M. Soumagnac : De tout ce que vous dites, se dégage l'impression d'une sérieuse ambivalence dans le domaine du lieu d'attache.
P. Moss : Dans ce domaine et dans les autresŠ L'ambivalence est dans ma nature: en hiver, je regrette l'été et vice-versa. Maintenant que je peux circuler plus librement et mettre en action ce que je nommerais un système de rotation, lorsque je suis en France je me sens français et je rêve de la Pologne et lorsque je suis en Pologne, je me sens polonais et je rêve de la France.
M. Soumagnac : Ce qui, en fin de compte, reste peut-êre la solution la plus riche de prolongements. Cela étant, quelles sont vos relations avec le milieu musical français ?
P. Moss : Comme je l'ai déjà dit, au début de mon premier séjour en France je me trouvais en terrain inconnu et quelque peu désorienté et j'avais tendance à me renfermer en moi-même ; pourtant, dès cette époque, le fait même de travailler en France représentait un excellent exercice de style.
M. Soumagnac : Il se trouve que, depuis ce temps là, vous avez noué des amitiés ici et que, en tout état de cause, votre sensibilité s'en est enrichie d'autant.
P. Moss : Naturellement. Mais je dois reconnaître que j'appartiens à cette catégorie de gens qui s'habituent difficilement aux nouveautés : d'une côté j'ai souvent envie de prendre des contacts, et d'un autre côté, je préfère encore composer.
M. Soumagnac : Et vous avez beaucoup composé. Lorsque l'on consulte votre catalogue et que l'on connait votre âge, on reste étonné du nombre d'oeuvres signées de vous, du nombre de prix remportés, du nombre de genres abordés. Or, aujourd'hui, il existe beaucoup de courants différents, à ce point même que le compositeur peut rencontrer quelque difficulté à mettre en place une forme satisfaisante car les modèles ont éclaté et je voudrais vous demander quelle est votre attitude en regard de ce que l'on est convenu d'appeler traditionnellement ici "l'écriture".
P. Moss : Oh ! sur ce point, je crois bien être un compositeur dinosaure. n'importe quel jeune musicien, j'en ai peur, en saura plus que moi sur l'ordinateur ; j'ai fait quelques études de cet ordre, mais cela ne m'intéresse pas vraiment ; j'ai reçu une éducation traditionnelle et j'écris pour des instruments traditionnels. Celà dit, je pense que de nos jours le compositeur peut bénéficier de quantité de techniques et en user à son gré : mêler le tonalisme à l'atonalisme, l'aléatoire au répétitif, etcŠ Pour ma part, je reste relativement classique et tout à fait en accord avec la détermination de Witold Lutoslawski qui refuse le mélange de la musique électronique et de la musique écrite parce qu'il s'agit, selon lui, d'un ordre de pensée organiquement différent.
M. Soumagnac : On peut constater que parmi les musiciens de votre génération, beaucoup ressentent la nécessité de cette discipline qu'implique l'écriture ?
P. Moss : J'appellerais cela &emdash; l'écologie dans l'art. La machine constitue à la fois une facilité et un danger : elle devrait nous servir, non pas nous asservir et je crois qu'il est important pour chacun de souligner ses valeurs humaines. Mais, en définitive, qu'importe le matériau, la "fin" si elle est belle justifie les moyens. Tous les chemins mènent à Rome, n'est-ce-pas ?
M. Soumagnac : Puis-je vous demander si, de tous ces chemins, il en est un que vous empruntez plus volontiers ou plus fréquemment ?
P. Moss : Il en est un, en effet, c'est le théâtre. J'aurais dû être comédien ou écrire des pièces de théâtre. Je pense que j'aime plus le théâtre que la musique.
M. Soumagnac : Est-ce un paradoxe ou un autre aspect de votre perpétuelle ambivalence ?
P. Moss : Cela relève de la deuxième proposition, je crois. Si l'on considère que j'ai toujours l'impression de faire ce à quoi, je n'étais pas destiné : j'étais sollicité par le théâtre et cest la musique qui reste mon champs d'action.
Mais, dans cette perspective, il est assez normal que ces lignes de force se rencontrent et que je sois naturellement intéressé par tout ce qui touche à la scène. Si j'ai réalisé un certain nombre de musiques de scène originales tant en France qu'en Pologne, en Allemagne ou en Hollande et imaginé beaucoup d'illustrations musicales pour la Radio, c'est, en fin de compte, vers l'opéra que me conduisent toutes ces démarches : j'ai fait quelques expériences dans ce domaine mais je n'ai pas encore écrit un véritable opéra parce que je n'ai pas encore découvert un véritable livret. Je suis pourtant certain que cela se produira et, dès lors que j'aurai composé le premier, j'en écrirai d'autres car toute ma vie tend à l'opéra.
M. Soumagnac : Cependant, quand vous êtes arrivé à Paris, vous avez ressenti, au contact de Nadia Boulanger, le besoin d'écrire de la musique pure. Cela s'est imposé à vous ?
P. Moss : En réalité, c'était la seule solution intelligente puisque je n'avais pas de commande, ce qui était un phénomène nouveau qui m'a contraint à m'asseoir devant la feuille blanche et à composer pour moi. C'est cela essentiellement que m'a apporté Paris : la rigueur de l'isolement et, plus que l'influence d'un milieu, la conviction de devoir tout recommencer à zéro.
M. Soumagnac : Admettons que vous vous soyez tout à coup senti dépourvu d'un support préétabli. Mais un support n'est pas nécessairement littéraire ou théâtral, il peut y avoir tel ou tel instrument ouŠ instrumentiste ?
P. Moss : Nous en revenons au système de la commande. Il est possible que je me sente plus en affinité avec certains instruments qu'avec d'autres, mais, dans l'ensemble, c'est essentiellement par le biais de mes amis interprètes et des demandes que j'ai reçues que se sont déclenchées en moi les impulsions créatrices.
M. Soumagnac : N'avez-vous jamais été tenté par des formations instrumentales insolites ? des accords de timbres inattendus ?
P. Moss : Lorsque je compose, j'imagine plutôt un tout musical dont les combinaisons s'imbriqueraient un peu comme un jeu de cubes pour atteindre à la construction finale. Quant à la curiosité envers les timbres, elle me vient encore une fois de l'expérimentation théâtrale. Quand vous devez écrire une musique de scène avec un nombre restreint d'instrumentistes alors, bien sûr, vous imaginez des alliances inusitées &emdash; clarinette, clavecin, trombone et percussion par exemple &emdash; qui vous ouvrent des perspectives variées et savoureuses. Si ma musique propose un certain prisme de couleurs, c'est entièrement au théâtre que je le dois
M. Soumagnac : Il me semble que votre musique doit aussi quelquechose à la poésie ?
P. Moss : Certainement, cela rejoint d'ailleurs mes expériences parisiennes et, cette fois, celle qui se situent à partir de 1981. Pour sortir de l'impasse où je me trouvais, je me suis tourné vers la poésie, naïvement peut-être, pour y puiser une inspiration. A cela ressortit le propos qui sous-tend ma pièce Incontri qui a obtenu le prix du public au Châtelet en 1984 et qui se réfère à un poème que je connaissais depuis vingt ans. Il faut indiquer également que c'est à cette époque que j'ai commencé - comment dire cela ? - à apprendre la composition par moi-même. Comme je l'ai signalé, j'avais acquis un métier auprès de mes maîtres, un autre avec le théâtre et, à ce moment là, un troisième métier par l'analyse de multiples partitions. Je pense qu'un quatrième métier viendrait de la pédagogie, le peu d'expérience que j'en possède m'a fait entrevoir à quel point le contact avec de jeunes musiciens a le pouvoir de vous renouveler. Lorsque vous composez, vous êtes obligatoirement enfermé dans votre monde mais lorsque vous travaillez en profondeur sur la partition d'un autre, entrez obligatoirement dans le sien et c'est une ouverture inestimable.
M. Soumagnac : A propos d'ouverture, quelle est votre relation à la musique sacrée puisqu'il s'avère, à la lecture de votre catalogue, que vous vous y êtes à plusieurs reprises, attaché ?
P. Moss : Eh bien, c'est une relation comme une autre. Au fond je suis essentiellement un compositeur caméléon ; bien sûr les textes sacrés peuvent vous inciter à des formulations particulières mais je suis aussi heureux qu'on me commande une messe qu'un concerto pour deux violoncelles et je ne peux vraiment pas dire que j'éprouve une inclination spéciale pour la musique sacrée. En revanche, j'insisterai sur le fait que je dois beaucoup aux autres musiciens et que c'est la musique des autres qui me stimule.
M. Soumagnac : Tous les compositeurs ne doivent-ils pas beaucoup à la musique des autres ? Voyez l'exemple de Bach recopiant les concertos de Vivaldi.
P. Moss : Evidemment, mais à notre époque, peu de compositeurs osent l'avouer ; moi, je le dis franchement. Prenez le cas d'un homme comme Janacek: il n'avait nul besoin de cela parce qu'il était foncièrement original mais la musique que j'écris relève de la nécessité de faire valoir son rapport avec celle que j'ai entendue. Toutes proportions gardées, il y a un peu de cela chez Szymanovski dont les concertos n'auraient sans doute pas pu exister sans Ravel, sans Debussy et sans Š Schreker.
M. Soumagnac : Puisque vous venez de faire allusion à la musique française et à ceux que l'on est convenu d'appeler les "impressionnistes", vous ont-ils marqué à un moment ou à un autre ?
P. Moss : Peut-êtreŠ mais au travers d'autres musiciens polonais. Bien que je sois slave et particulièrment attiré par les germaniques tel un Brahms, certains français m'intéressent plus spécialement. Ainsi, Rameau dont j'aime suivre la pensée qui me paraît très moderne : grâce à cette pensée musicale, la tragédie de Rameau anticipe sur les moyens qu'il avait à l'époque pour la réaliser. Plus près de nous, je vous dirais que Poulenc m'est très sympathique, que je suis séduit par certaines oeuvres de Milhaud et que la démarche d'Honegger me plait beaucoup en son ensemble ; c'est d'ailleurs un drôle de français !
M. Soumagnac : Suisse et un peu germanisé sous un certain angle.
P. Moss : Précisément et lorsque j'entends Jeanne au bûcher, à la fois, je ressens cet oratorio comme une musique française et à la fois comme tout autre chose ; c'est un mélange superbe et je suis sensible à cette ambiguïté.
M. Soumagnac : N'y-a-t'il pas dans la création française tout à fait contemporaine une personnalité qui vous touche plus profondément qu'une autre ?
P. Moss : J'adore Dutilleux ; ses partitions sont mes livres de chevet et si l'univers de la musique française n'est pas réellement le mien, il y a chez lui quelque chose qui m'est très proche, trop proche peut-être et par là dangereux ; cette rigueur de l'écriture, cette écriture idéaleŠ !
M. Soumagnac : Décidément, vos ambivalences se manifestent à tous égards. En est-il de même pour vos projets actuels et quels sont-ils ?
P. Moss : En ce moment j'écris une pièce pour François-Xavier Bilger, destinée au festival d'Avignon, une pièce pour récitant et orchestre sur un texte de Jean-Louis Bauer
M. Soumagnac : Et qui s'intitule ?
P. Moss : Le UGUI.
M. Soumagnac : Qu'est-ce que c'est qu'un "Ugui" ?
P. Moss : Vous le verrez bien ; en tout cas, c'est une sorte de conte fantastique que je traite un peu à la manière du Pierre et le Loup de Prokofiev, naturellement avec un autre orchestre. Je vais aussi orchestrer une oeuvre de Chopin, la Fantaisie en fa mineur, et répondre à la commande de l'Orchestre Symphonique Français dirigé par Laurent Petit-Girard par une pièce que j'ai appelée INFRADA. Avant de clore cet entretien, je voudrais mettre l'accent sur une question essentielle et qui me tourmente beaucoup. Quel est mon rôle dans la société en tant qu'artiste ?
Lorsque j'étais en Pologne, au début de ma carrière, je me sentais soutenu, j'existais comme compositeur parce qu'il est vrai que les pays de l'Est ne ménageaient pas trop leur argent dans le domaine des arts et, parmi ceux-ci, la musique était peut-être le moins dangereux. Mais, aujourd'hui, comme je n'appartiens à aucun groupe, je me demande de quelle manière nous existons, nous, les compositeurs non seulement comme compositeurs mais encore par exemple, comme intellectuels. Regardez les débats à la télévision par exemple, les débats publics, il y a des politiques, des littéraires, des comédiens, des chanteurs. très peu de compositeurs.
M. Soumagnac : Vous pensez que c'est une situation typiquement française ?
P. Moss : Je pense que c'est une situation internationale. Nous sommes mis à l'écart par la société. Nous sommes dépassés par tout une autre musique !
M. Soumagnac : Je vois bien à quelle "autre" musique vous faites allusion. Mais ne pensez-vous pas que le même terme recouvre des productions que n'ont rien à voir entre elles. De nos jours, tant de mots sont galvaudés : être un artiste, avoir du talent, du génie.
P. Moss : Pour moi, c'est une réflexion magique que cette chute des valeurs sûres. Etant de nature nostalgique, je garde toujours en moi la notion de l'artiste qui proteste, qui rejette les routines, qui plonge son bâton dans la fourmilière et qui ainsiŠ existe. Notre époque est très dure pour celui-là ; il ne sait plus où se situer.
M. Soumagnac : Ce ne sont pourtant pas les fourmilières qui manquent ?
P. Moss : Il convient donc de garder un bâton en réserve mais lequelŠ?
Myriam SOUMAGNAC est productrice à Radio-France et professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Cet entretien a été réalisé en Février 1993.