CNSMDP

JOURNAL DU CONSERVATOIRE N°34 (AVRIL 1999)


Actuelles


 

-->IRCAM : Introduction au langage électronique

Quatre étudiants des classes de clarinette (Marie-Bernadette Barrière, Carlos Garcia Sanz, Mathieu Fèvre et Benjamin Duthoit)) interprétaient, le 27 mars dernier au Conservatoire, deux œuvres de Pierre Boulez (Dialogue de l’ombre double) et Frédéric Durieux (Devenir) impliquant un dispositif électronique. Un concert qui est l’aboutissement d’une première collaboration entre le département Pédagogie de l’IRCAM (dirigé par Marie-Hélène Serra) et le Conservatoire de Paris. Laurent Bayle, directeur de l’IRCAM, et Alain Damiens, soliste à l’Ensemble Intercontemporain et enseignant responsable de la préparation de cet atelier, nous en précisent les enjeux

 

Est-ce que cet atelier au Conservatoire marque une évolution du projet pédagogique de l’IRCAM ?

Celui-ci était effectivement jusqu’à présent davantage orienté vers les compositeurs, que vers les instrumentistes ; de plus, à part des interventions à l’étranger, il se déroule exclusivement en interne. Mais, tandis que l’accueil de jeunes compositeurs est quasiment un prolongement naturel de nos activités, celui régulier d’interprètes suppose un encadrement complémentaire extérieur à l’IRCAM. Cet atelier est pour nous d’autant plus intéressant que le Conservatoire de Paris nous libère grâce à ses enseignants du souci de la technique instrumentale et nous garantit un niveau suffisamment homogène pour nous consacrer exclusivement à l’interprétation de ce répertoire. Cette complémentarité entre les deux institutions pourrait déterminer une collaboration naturelle, dans ou en plus du cursus régulier, selon l’implication des professeurs. 

 

Justement, d’autres musiciens que ceux de l’Ensemble Intercontemporain viennent-ils travailler à l’IRCAM ?

Oui, parce que la complexité de certaines œuvres à interpréter en temps réel supposait une disponibilité incompatible avec l’emploi du temps des musiciens de l’Ensemble Intercontemporain, au départ nos principaux instrumentistes. De plus, le souci de faire vivre les œuvres au-delà des seules exécutions de l’Ensemble, souci favorisé par une plus grande portabilité des machines, nous a conduits à initier à ce répertoire d’autres formations, Ictus en Belgique, Court-Circuit en France, Avanti en Finlande, sans parler du London Sinfonietta, du Klangforum  et de l’Ensemble Modern. Récemment, étudiants et professeurs d’un campus américain ont pu ainsi interpréter la dernière pièce pour violon de Boulez, Anthèmes. La crainte de ne pas maîtriser les outils freine encore l’attirance des jeunes musiciens pour les nouvelles technologies : nous nous efforçons, tout en continuant à susciter des œuvres de caractère exploratoire, d'en proposer d’autres se satisfaisant de méthodes plus standard d’interprétation. On arrive ainsi à créer des collaborations régulières avec les ensembles professionnels et à faire passer progressivement, dès les conservatoires, ce répertoire dans le patrimoine des interprètes.

 

Est-ce toujours le compositeur qui préside au dialogue entre la machine et l’instrumentiste ?

Le compositeur et son assistant musical en studio. En général, la philosophie de l’IRCAM consiste à préparer psychologiquement  l’instrumentiste au dialogue avec la machine, sans remettre en cause sa technique : c’est l’ordinateur qui doit suivre. Il en est autrement dans le cas de techniques exploratoires de production du son, qui peuvent être ressenties par le musicien comme une remise en question de son identité. Nous voulons contribuer, dans les ateliers instrumentaux pour étudiants, à une démystification de la technique et leur donner un minimum de connaissances pour dialoguer avec les ingénieurs du son.

 

Est-ce que la recherche personnelle du musicien-explorateur de son propre instrument a encore sa raison d’être face aux ressources des nouvelles technologies ?

On doit pouvoir éviter l’effet négatif inhérent à toute technique et le risque de dispersion face à ce potentiel, et développer au contraire les possibilités d’enrichissement du jeu de l’instrumentiste à partir de nouvelles normes. Certains rêvent de machines se substituant à terme à l’interprète ou bouleversant le cadre classique de son apprentissage, tandis que d’autres pensent qu’elles élargiront les potentialités de l’interprète : cette dualité est toujours d’actualité.

 

Envisagez-vous de nouvelles initiatives avec le Conservatoire ?

C’est à explorer, tant pour faciliter l’articulation entre les étudiants compositeurs et l’IRCAM que pour impliquer les étudiants instrumentistes dans les travaux de ces derniers.

 

Pouvez-vous nous faire l’historique de ce concert hors normes ?

C’est parti d’une initiative conjointe du département pédagogie de l’IRCAM et du Conservatoire. Ils m’ont proposé de faire travailler à des étudiants clarinettistes  deux œuvres comportant un prolongement électroacoustique. J’ai immédiatement accepté sans me soucier des difficultés éventuelles ; que j’ai également minimisées auprès des étudiants volontaires, choisis exprès parmi les plus « classiques », sans privilégier un niveau déterminé. Il m’a fallu en préambule calmer leurs angoisses, tant devant la nouveauté de la chose que sur leur capacité à relever le défi. Dernière objection, touchant à la question globale pour le musicien de la gestion du temps : comment concilier la difficulté des pièces et le temps limité de préparation du concert. Une fois l’apprentissage des notes fait, on a abordé la partition instrumentalement, en fonction des exigences du compositeur. Avec le risque de voir les étudiants déstabilisés par les modes de jeu particuliers impliqués par ces deux pièces. Les deux journées de stage à l’IRCAM les ont justement initiés aux techniques de reproduction, de spatialisation, et de transformation du son ; et ils ont pu s’entendre jouer avec l’ordinateur. C’est pendant ces deux journées, où ils ont – grâce au talent de l’encadrement pédagogique de l’IRCAM, capable de clarifier sans concessions les notions les plus complexes – eu le sentiment d’être véritablement considérés comme des musiciens professionnels, que les étudiants ont pris conscience de leur responsabilité dans ce projet. Et quinze jours plus tard, salle Schaeffer, après l’installation des machines, ils ont fait l’expérience de l’ensemble des contraintes (les différences d’acoustique, l’attente, les reprises, l’effort physique, etc.) et des paramètres dont dépend la réussite d’un concert. Jusqu’aux répétitions salle Fleuret, où il fallut tout modifier de nouveau, et au concert dont ils ont assumé, sur tous les plans, la responsabilité artistique. Quasiment sans trac, m’ont-ils avoué, mais au contraire avec un sentiment de bien-être et de plus grande liberté dans ces pièces, pourtant très codifiées, que dans une sonate de Brahms, par exemple. Ils ont compris que seul l’accomplissement de projets les dépassant a priori peut leur apporter, en tant que musiciens, le bonheur.

 

Quelle leçon tirez-vous de ce premier projet pédagogique commun entre IRCAM et Conservatoire ?

Les deux institutions se sont parfaitement rencontrées pour collaborer à la formation des futurs interprètes de musique contemporaine. On ne peut qu’espérer une suite, impliquant d’autres instruments. Première retombée : des étudiants en composition ont pu, à l’issue du concert, rencontrer les futurs interprètes de pièces pour clarinette dans leurs cartons. Je raconte souvent à mes étudiants  que, si des compositeurs n’étaient pas venus me chercher à la fin de mes études rue de Madrid pour jouer leurs œuvres, si je n’avais pas pu m’investir dans la création et garder cette part d’utopie, j’aurais sans doute abandonné la musique.

-->Lucas Vis : la gestion du geste

Directeur artistique du Conservatoire d’Amsterdam, Lucas Vis a dirigé tous les grands orchestres des Pays-Bas. Il a partagé son expérience avec les étudiants de la classe de direction, qui se sont succédé à la tête du Nouvel ensemble instrumental du Conservatoire de Paris, le 5 février dernier, dans un programme Britten-Mozart-Bruckner

 

Comment envisagez-vous la formation des chefs d’orchestre ?

Contrairement à l’instrumentiste, qui peut entendre immédiatement la musique qu’il étudie, le chef d’orchestre doit développer ses facultés d’imagination pour l’entendre intérieurement. Ensuite, il doit posséder la gestique  nécessaire à la transmission de son interprétation à l’orchestre, et cela dépasse singulièrement la battue stricte. Enfin, il ne faut pas oublier la dimension psychologique, proprement humaine, du travail avec l’orchestre si l’on veut obtenir une réponse musicale à ses indications. La difficulté consiste à gérer simultanément la préparation du moment musical, l’écoute du résultat obtenu et la prise de décision qui s’en suit, tout en anticipant sur le moment suivant : les jeunes chefs sont souvent tellement accaparés par leur battue qu’ils n’arrivent plus à entendre et à réagir au jeu des musiciens.

 

Y a-t-il une différence de nature entre le travail de répétition et celui de concert ?

J’aborde toutes les répétitions dans la pensée du concert, en espérant par le travail commun une progression constante jusqu’à l’interprétation finale. En général, la première répétition profite de la nouveauté et de l’élan initial, de ce fait la deuxième accuse une certaine stagnation, avant les progrès des suivantes. La grande différence entre répétitions et concert, c’est la présence du public et la tension positive qu’elle suppose chez le chef et les musiciens.

 

De quels moyens de communication dispose le chef d’orchestre ?

Je demande aux étudiants de s’imaginer dirigeant, sans traduction possible, un orchestre chinois ; il leur faut tout expliquer uniquement par le geste, inventer une technique gestuelle personnelle leur permettant de se faire comprendre immédiatement, même pendant le concert. Le geste comme la voix est propre à chacun, mais doit rester naturel et évident : il ne faut pas oublier que le musicien regarde sa partition et voit le chef. Trop de gestes en diminuent l’efficacité.

 

Faut-il, en répétition, s’interrompre à tout bout de champ ou se limiter volontairement  aux corrections essentielles ? Quel est le juste milieu ?

Il faut savoir faire la part de l’erreur ponctuelle, identifiée d’un geste ou d’un regard par le musicien, et celle de la faute d’interprétation. Le geste approprié permet de corriger la majorité des erreurs, sans perte de temps.

 

Est-ce que le métier de chef d’orchestre s’est complexifié du fait de la musique contemporaine ?

Il s’est en tout cas enrichi de nouvelles possibilités et, aujourd’hui, ce sont les compositeurs qui viennent nous consulter à leur propos, afin de rendre tangible leurs idées musicales. Un enrichissement dont les bénéfices s’étendent à l’ensemble des répertoires.

-->Jos van Veldhoven : les échos de la Passion

S’il est une (jeune) tradition à laquelle le Conservatoire tient, c’est bien celle de la célébration de l’anniversaire de Jean-Sébastien Bach, par ailleurs omniprésent dans sa programmation dans le cadre d’une série spécifique. Ce 21 mars, la fête fut complète avec l’interprétation, à la cité de la musique, de l’intégrale du « Clavier bien tempéré » par les étudiants des classes d’orgue, clavecin et piano du Conservatoire, suivie de l’audition de « La Passion selon Saint Matthieu », pour laquelle les deux Conservatoires supérieurs de Lyon et Paris avaient réuni solistes et musiciens baroques, avec le concours de l’Ensemble vocal Lumen de Lumine et du Chœur d’enfants de Créteil. Sous la double direction de deux maîtres hollandais, Jos van Veldhoven et Peter Dijkstra

 

Qu’est-ce qui différencie, à trois ans d’écart, les réalisations des deux Passions, Saint-Jean et Saint-Matthieu ?

C’est d’abord une différence d’échelle : tout est plus grand, dans la structure comme dans la durée, dans la Saint- Matthieu, conçue de plus pour double orchestre et double chœur. Pensez que la première intervention de celui-ci, en introduction à trois heures de musique, dure presque neuf minutes !  De telles dimensions demandent une préparation particulière des interprètes. Il en est de même de l’instrumentation, beaucoup plus fournie. Par contre, sur le plan stylistique, il n’y a pas de différence entre les deux Passions.

 

Autre différence majeure, la présence cette fois d’un chœur extérieur au Conservatoire ?

Evidemment, il est dommage de ne pas disposer d’un chœur interne, mais, contrairement à l’usage du XVIIe siècle, nous ne disposons plus de chanteurs capables de se produire simultanément en ensembles et en solistes. Pour ces rôles, nous avons choisi des chanteurs soit expérimentés en ce répertoire soit dotés d’une bonne technique vocale, qui ont rapidement assimilé le style du répertoire baroque allemand.

 

Gageure supplémentaire, vous avez reconstitué le dispositif scénique voulu par Bach, c’est-à-dire deux orchestres et deux chœurs séparés...

C’est vraiment une expérience. On sait que Bach a donné cette Passion avec deux ensembles et deux chefs séparés de dix à quinze mètres, et non réunis sur une même scène, comme cela se pratique habituellement. Nous nous sommes exercés en Hollande pendant deux jours avec mon assistant, pour réduire au maximum les risques de décalage. Le public placé entre les deux estrades (et le chœur de garçons en arrière-plan) est littéralement plongé dans ce dialogue monumental, entre les « Filles de Sion » qui nous racontent la Passion et les « Croyants » qui la commentent.

 

Avez-vous constaté, d’une Passion à l’autre, un progrès dans l’approche de ce répertoire par les étudiants du Conservatoire ?

Oui, notamment chez les solistes. Les musiciens, issus pour la plupart des départements de musique ancienne de Paris et Lyon, sont devenus familiers de ce répertoire.

 

Quel diapason avez-vous adopté ?

Celui à 415 Hz, en usage au début du XVIIIe siècle, c’est-à-dire environ un demi-ton en-dessous de celui des orchestres modernes.

 

La Passion selon Saint-Matthieu outrepasse le cadre du concert. Est-ce que les étudiants en sont conscients ?

Je le crois et j’ai d’ailleurs pris le temps d’en souligner la signification. En plus de la barrière du langage, cela suppose la compréhension de l’esprit de la Réforme luthérienne et de la relation particulière qu’elle crée entre l’homme et Dieu, comme en témoigne la force émotionnelle des arias.

 

Est-ce que le mouvement baroque a également modifié le style du récitatif ?

Pas radicalement. Au XVIIIe  et au XIXe siècles, les interprètes d’oratorios chantaient davantage les récitatifs que ces vingt dernières années, où l’accent est mis sur la rhétorique du langage. L’impact du message dépend de la faculté de l’interprète à équilibrer qualités vocales et qualités déclamatoires.

 

Est-ce que ce répertoire est aujourd’hui réservé aux spécialistes ?

Non. Mais l’interpréter avec la technique et le goût du XIXe siècle ne lui rend qu’à moitié justice. Seule une approche honnête du style baroque en permet une restitution entière. De même, vous n’en retrouverez la véritable couleur que sur des instruments baroques. Un orchestre moderne peut parfaitement interpréter Bach, pourvu qu’il se sente motivé et cherche à transmettre sa musique le mieux possible.

 

Quelles devraient être selon vous les priorités du département de musique ancienne ?

Il serait souhaitable que les prochaines années soient consacrées à la création d’un petit ensemble vocal et d’un autre de solistes instrumentaux. Il me semble par ailleurs positif de voir que dans ce conservatoire aussi bien les orchestres que les départements modernes sont ouverts à de nouvelles conceptions du répertoire classique.

 

 

-->Myung-Whun Chung : directions de vie

Invité exceptionnel de la deuxième des trois émissions de Musique Matin réalisées le 17 mars  par Olivier Bernager en direct du Conservatoire, le chef d’orchestre coréen a dialogué avec les professeurs et les étudiants de la classe de direction d’orchestre

 

« Il est pratiquement impossible d’enseigner la direction d’orchestre : c’est un apprentissage qui ne peut se faire qu’au contact des autres, musiciens ou pas, et de la vie, simplement. Personne n’a le pouvoir de faire de vous un chef d’orchestre. »

Une demi-heure a suffi à Myung-Whun Chung pour faire, malgré la brutale franchise de cette déclaration liminaire, la preuve de ses dons pédagogiques. Il est vrai que la leçon de vie qu’il a donnée dépassait singulièrement le niveau d’un simple savoir-faire. Egalement réfractaire aux notions de « chef » et de « professionnel de la direction », Myung-Whun Chung privilégie le dialogue approfondi et continu avec des musiciens qu’il souhaiterait plus concernés par la gestion de la vie musicale. Ce besoin de partage  et d’approfondissement lui semble incompatible avec un cumul des responsabilités.  Il reconnaît avoir besoin de garder du temps pour le piano et la musique de chambre, qui lui permettent de maintenir un contact direct avec la pratique musicale. Le temps sans lequel les interprétations ne peuvent mûrir : Myung-Whun Chung dit avoir attendu vingt ans pour oser interpréter la Première symphonie de Brahms, après son maître Carlo-Maria Giulini. Mais ni le temps ni l’expérience ne garantissent une interprétation : sur dix concerts, on n’en réussit vraiment qu’un ou deux, estime en toute franchise le maître coréen.

 

 

-->Les dissonances de l’Occupation : une mise au point

Monsieur Marcel Landowski nous a fait part de l’émotion qu’il a ressentie à la lecture, dans le Journal du Conservatoire n°33, du compte rendu du récent colloque sur la vie musicale en France pendant la Seconde guerre mondiale. Notamment de la phrase de conclusion rapprochant – il est vrai, de manière quelque peu lapidaire – certains projets de réforme de l’époque et le futur Plan Landowski qui a rénové notre vie musicale.

Cet article dont je suis l’auteur me semblait constituer un hommage justifié à l’action de notre premier Directeur de la musique et n’avait en aucun cas d’intention polémique. Je ne faisais en l’occurrence que reprendre les conclusions des communications de plusieurs des historiens et musicologues présents à ce colloque, soulignant – sans pour cela tenter de comparer – une continuité certaine dans la volonté de rénover la vie musicale française,  de Delvincourt à Marcel Landowski. On aurait pu également rappeler, à propos du Conservatoire de Paris, que les premiers projets de réforme contemporains datent de 1936 et font écho, à un siècle et demi de distance, aux vastes plans de structuration de l’enseignement musical de Sarrette et Leclerc.

Rapprocher le nom du chancelier de l’Institut de France de celui de ces illustres devanciers ne faisait que reconnaître la portée de ses « batailles pour la musique ».

Le Journal du Conservatoire déplore ce malentendu et présente à Monsieur Marcel Landowski ses sincères excuses.

                                                                                                            Marcel Weiss

 

P.S. Nous recevons, au moment de boucler ce numéro, une lettre de Monsieur Claude Pascal, choqué dans le même compte rendu du colloque par l’affirmation suivante tentant de résumer la communication de Rémy Campos : « ... l’Orchestre des Cadets, conçu pour éviter aux élèves le Service du Travail Obligatoire et devenu, contre la volonté de son initiateur (Claude Delvincourt), le symbole de la Résistance au Conservatoire ». « A-t-on des preuves pour étayer cette surprenante affirmation ? » demande Monsieur Claude Pascal, qui témoigne : « Sous l’Occupation, j’ai fait partie de la chorale de l’orchestre des Cadets. J’ai même chanté des fragments de la Messe en si à la salle Pleyel. Je me sentais très proche de Claude Delvincourt qui n’a pas hésité, au moment opportun, à nous conseiller de nous dissoudre dans la nature... »

La phrase incriminée ne mettait pas en cause l’acte de résistance lui-même que fut la création de l’Orchestre des Cadets, mais la dimension mythique qu’elle a prise après-guerre, contre la volonté maintes fois exprimée par Claude Delvincourt en personne, comme en témoignent les archives retrouvées par Rémy Campos. M.W.

 


Cahiers de classe


-->José Van Dam : le partage des responsabilités

Nommé en septembre 1998 Conseiller artistique et pédagogique du Département des disciplines vocales, le célèbre baryton-basse, qui vient de donner une master-class publique le 11 avril à la cité de la musique, dans le cadre de Musicora, nous confie ses projets et ses espoirs

 

Vous avez manifesté à de multiples reprises votre intérêt pour la formation des chanteurs sans pour autant exercer de fonction pédagogique. N’est-ce pas paradoxal ?

Au contraire. Pour moi l’enseignement est une responsabilité trop importante pour être exercée à la légère, entre mes autres activités. Je conçois mon rôle de Conseiller artistique et pédagogique au Conservatoire de Paris comme celui d’un observateur neutre qui à chacun de ses passages met son oreille à la disposition des professeurs afin d’améliorer ensemble le niveau de leurs élèves. Je voudrais d’une part contribuer à rehausser la qualité de leur recrutement, et d’autre part favoriser les échanges entre les professeurs pour que l’on puisse réellement parler d’une école de chant du Conservatoire de Paris et non de neuf classes distinctes dont les élèves entretiendraient jusque dans leur carrière un vain esprit de concurrence.

 

Faut-il voir dans votre idéal pédagogique le regret de la troupe comme lieu premier d’insertion ?

Les douze années que j’ai passées en troupe (successivement à Paris, Genève et Berlin) m’ont appris les bienfaits de l’écoute mutuelle et de l’entraide quasiment fraternelle entre metteurs en scènes, chefs d’orchestre et chanteurs. La troupe reste le prolongement naturel du conservatoire, qui permet les premiers pas sur scène d’élèves autrement déboussolés de ne pas pouvoir exercer le métier pour lequel ils ont été formés. Je tente de convaincre les directeurs d’opéra de faire renaître les troupes. Bernard Foccroulle, qui dirige le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, est prêt à créer une troupe de jeunes, qui, pendant disons trois ans, apprendraient à travailler de petits rôles auprès d’aînés confirmés.

 

Que vous a apporté Frédéric Anspach, votre professeur ?

C’était un interprète de mélodie et d’oratorio exemplaire, un pédagogue authentique, dont les élèves ne se comptent plus, Julien Haas, Jules Bastin, etc. Je l’ai rencontré en pleine mue, dont il a surveillé l’évolution tout en me préparant musicalement, avant de suivre régulièrement mes études et ma carrière jusqu’à sa mort en 1977. Il savait parfaitement adapter sa pédagogie à chaque élève, en partant de ses qualités spécifiques.

 

 

Devant l’absence actuelle de ces troupes, quel autre moyen d’accès à la carrière  peut-on imaginer pour de jeunes chanteurs ?

L’Allemagne est le dernier pays où existent encore des troupes par dizaines. Il est indispensable, avant d’y entrer, de prendre conscience de ses capacités en matière de répertoire. Il faut se battre partout ailleurs pour leur renaissance. Mon projet d’une école supérieure de chant reposait sur le principe de master-classes, mais de longue durée, au minimum un mois, avec des maîtres de la dimension de Christa Ludwig, Dietrich Fischer-Dieskau, Walter Berry, etc. Des classes consacrées à l’interprétation et à l’étude de répertoires déterminés, dont l’aboutissement aurait été un concert annuel destiné à un public de professionnels désireux d’entendre de nouveaux talents, épargnant ainsi à ces derniers des auditions dispersées.

 

De quels chanteurs a-t-on besoin aujourd’hui ?

A quelques exceptions près, on est bien en peine de trouver de futurs grands chanteurs. Sans rappeler la richesse de la troupe de l’Opéra de Paris, capable de fournir – en plusieurs distributions – la palette complète des voix nécessaires aux représentations quotidiennes du Palais Garnier et de la Salle Favart, on peut s’étonner de voir monter Carmen uniquement avec des chanteurs étrangers, comme je viens encore d’en faire l’expérience à Monaco, et sous-titrée... en français ! Je trouve préoccupant pour l’avenir de la musique française que les chanteurs et les chefs d’orchestre de ce pays ne soient pas plus motivés pour en défendre le style. Cela suppose des voix solides capables de surmonter des orchestrations très étoffées, surtout dans le quatuor, voix qui provenaient par tradition des chorales.

 

Faut-il au départ de sa carrière accepter de tout chanter ?

Oui, si on en a la capacité. Chacun doit faire le choix de ses orientations avec son professeur. Avec honnêteté : il faut avoir le courage de reconnaître qu’on ne sera pas forcément soliste. Et l’école doit prendre la responsabilité de refuser son accès aux candidats aux perspectives professionnelles douteuses afin de leur éviter des années d’étude et des illusions inutiles.

 

Vous qui êtes à l’origine du Concours Reine-Elisabeth de chant croyez certainement à l’efficacité de la compétition...

Certes, les décisions d’un jury sont tout à fait subjectives, même au Reine-Elisabeth – le seul où j’accepte de siéger : il y a quasiment autant d’avis que de juges. J’estime que mon rôle n’est pas de juger, mais d’aider les jeunes artistes. Connaissez-vous l’histoire de cette dame qui tentait d’expliquer à des aborigènes australiens le principe des compétitions sportives ? Bien en vain : ses interlocuteurs trouvant consternant qu’il n’y ait qu’un seul vainqueur pour tant de perdants... Personnellement, j’ai pratiqué avec plaisir le judo pendant six ans, jusqu’à ce que l’esprit de compétitivité vienne tout gâcher. L’important, c’est de préparer un concours. Bruxelles, c’est une trentaine de pièces à préparer, entre les airs d’opéra et d’oratorio, sans oublier les mélodies et les œuvres contemporaines. Et après tout, la carrière ressemble beaucoup à une compétition individuelle, où il faut constamment s’améliorer en prenant des risques : c’est le propre de l’artiste. 

 


De passage


 

-->Hermann Baumann : le cor, naturellement !

Le Conservatoire a participé, du 10 au 14 mars dernier, aux Journées des cuivres anciens proposées par la cité de la musique en liaison aves l’Historic Brass Society. Quatre journées de colloques, de cours et de concerts pour faire le point sur une famille instrumentale atypique. Le Conservatoire a ainsi accueilli les master-classes de Jean-Pierre Canihac (cornet à bouquin), Crispian Steele-Perkins (trompette naturelle), Daniel Lassalle (saqueboute) et Hermann Baumann (cor naturel). Nous avons rencontré ce dernier

 

Comment en êtes-vous venu à pratiquer le cor naturel ?

Quand j’ai remporté en 1964 le concours de Munich, j’ai rencontré un collectionneur suisse de cors naturels, à qui j’ai acheté un corno da caccia semblable à ceux du temps de Bach. J’ai mis huit ans à maîtriser la technique du cor naturel avant d’enregistrer en 1972 avec Harnoncourt un premier disque : les concertos de Mozart.

 

Ce fut une rencontre décisive pour tous deux...

Certainement. Nous avons eu des discussions musicales animées, mais nous sommes d’excellents amis.

 

Avez-vous renoué facilement avec le jeu du cor naturel ?

Facilement, non, mais j’y suis arrivé. En fait, je joue comme je chante, avec un léger vibrato. Les cornistes d’orchestre ne l’utilisent plus aujourd’hui, alors que les Français il y a vingt ans avaient tendance à l’exagérer. Cependant, il est fortement recommandé dès que l’on joue en soliste. Et d’ailleurs, je demande toujours à mes élèves de chanter avant de jouer.

 

L’histoire du cor est riche en inventions et en instruments différents...

J’en possède plus d’une trentaine, entre ceux à pistons et les naturels. L’instrument a connu, de Bach à Richard Strauss, des changements incessants.

 

Qu’est-ce qui est déterminant pour interpréter les répertoires anciens, la connaissance du style ou le jeu sur instruments d’époque ?

On peut tout jouer sur cors modernes à la lumière des connaissances des spécialistes des instruments anciens. Il ne faut pas avoir d’œillères. J’ai toujours été un pionnier du cor naturel et je me réjouis de ces rencontres qui nous permettent de nous enrichir mutuellement. Pour la précédente, chez moi à Essen, en 1993, nous étions 400 cornistes !

 

Comment a évolué la facture de l’instrument ?

Elle ne cesse de progresser. Après les excellents cors d’Alexander, il y a ceux fantastiques de Engelbert Schmid – un ancien corniste reconverti dans la facture – : ils ont conquis par exemple tout le pupitre du Philharmonique de New-York.

 

Quel message voulez-vous transmettre en master-class aux étudiants ?

Chacun d’entre eux doit affirmer sa différence et obéir à ses affinités, surtout lorsqu’il se produit en soliste. Il doit être intimement convaincu de jouer le premier rôle, avant même le chef d’orchestre, et s’engager à fond.

 

 

-->Stephen Dodgson : horizon guitare

On ne compose pas par hasard un sixième de son œuvre pour un instrument comme la guitare, lorsqu’on n’est pas soi-même guitariste... Il est vrai que le compositeur britannique Stephen Dodgson est coutumier des combinaisons instrumentales insolites : trio avec baryton, cantate pour chœur et trio de cors, sans compter des pièces pour clavecin et luth. Un réjouissant éclectisme qui a attiré à sa master-class de guitare et de musique de chambre, les 8 et 9 mars dernier, des étudiants des classes d’alto, de violoncelle, de flûte et, bien sûr, de guitare

 

Comment en êtes-vous venu à composer pour la guitare, instrument que vous ne pratiquiez pas vous-même ?

C’est Julian Bream, encore étudiant, qui eut l’idée de me demander d’un coup trois pièces pour guitare, alors que je n’avais vraiment aucune connaissance particulière de l’instrument ; même s’il ne me l’a jamais dit, certaines notes étaient pratiquement injouables. D’ailleurs, il n’interpréta réellement qu’une des pièces, mais me passa  commande d’une œuvre de musique de chambre qu’il créa avant qu’elle ne soit reprise, remaniée, par John Williams. Je crois que le fait de ne pas jouer de la guitare m’a empêché de tomber dans les tics d’écriture des interprètes-compositeurs.

 

Peut-on parler d’une manière anglaise d’écrire pour la guitare ?

Certainement, en relation avec la personnalité de Julian Bream, qui sollicita tous les compositeurs britanniques importants du siècle : Benjamin Britten, William Walton, Lennox Berkeley, Alan Rawsthorne, Michael Tippett, Rodney Bennett, etc. Mais sans jamais influer sur leur création.

 

Est-ce pour lui que vous avez composé des pièces de luth ?

Non. C’est un luthiste authentique, Chris Wilson, qui fut à l’origine de cette expérience, particulièrement éprouvante, mais j’ai l’habitude de ce genre de paris : j’ai également composé pour clavecin ( à la demande de ma femme), pour baryton et  pour flûte à bec. Le phénomène de redécouverte de la musique ancienne, notamment de la Renaissance, est de même nature que l’engouement actuel pour les musiques traditionnelles.

 

Avez-vous été tenté d’écrire, comme nombre d’Anglais dans le passé,  pour voix et guitare ?

Malgré le précédent lumineux du duo formé par Peter Pears et Julian Bream, le répertoire contemporain pour cette formation n’est pas abondant. J’aimerais beaucoup m’y essayer, car je trouve magnifique cette combinaison, qui suppose cependant de rencontrer des chanteurs d’une maturité artistique certaine.

 

Restent-ils des combinaisons avec guitare à explorer ?

Pourquoi pas, par exemple, la marier avec la clarinette ? J’ai bien déjà écrit, il est vrai après avoir tergiversé, un concerto pour clavecin, harmonie et percussion : j’aime bien les challenges !

 

Comment êtes-vous venu à l’enseignement ?

Le Royal College of Music m’a offert un poste d’enseignement de composition et d’harmonie, d’abord dans son Junior Department dont je dirigeais l’orchestre. J’y ai fait la rencontre de John Williams, âgé alors de quatorze ans. A l’image de toute ma vie, je suis venu à l’enseignement plus par hasard que par dessein.

 

Comment concevez-vous votre rôle de pédagogue, notamment dans le cadre de cette master-classe ?

Comme un encouragement à persévérer. J’espère contribuer à élargir l’horizon intellectuel des guitaristes, de la même manière que j’élargis leur répertoire. Comme celui des autres musiciens d’ailleurs, avec le constant souci d’écrire pour tous les niveaux de pratique possibles, de l’élève au professionnel.

                                                Entretien réalisé avec la complicité d’Olivier Chassain

 

 

-->Celia Nicklin : le juste trait

Celia Nicklin, hautboïste londonienne, soliste de The Academy of Saint-Martin in the Fields, était dans nos murs les 11 et 12 mars dernier pour une classe de maître. Son immense expérience de l’orchestre (plus de 250 enregistrements !) et les fréquents déplacements et contacts avec l’étranger lui ont apporté une grande sagesse et un regard très « panoramique » sur l’ensemble des différentes écoles de hautbois dans le monde.

 

« Ne cherchez pas à jouer comme moi, comme Maurice, comme David, ou d’autres encore. Cherchez votre propre personnalité. Mais, dans le même temps, soyez capables de transformer votre jeu le plus simplement possible car vous aurez affaire à des chefs qui pourront avoir une approche apparemment complètement opposée », disait-elle.

Chaque fois qu’elle abordait un aspect particulier du jeu, elle essayait d’obtenir de l’étudiant un résultat le plus achevé possible, tout en précisant bien que ce n’était que sa recette personnelle.

La visite de Celia nous laisse donc l’image d’une grande dame ayant réussi à associer maîtrise et humilité, conjonction encore trop peu fréquente à mon goût. Par l’importance qu’elle attache à l’étude des traits d’orchestre (au risque de lasser les auditeurs venus assister à la partie publique de son enseignement ), elle a aussi mis le doigt sur ce qui pourrait être le maillon faible de l’enseignement au Conservatoire, en général trop porté sur l’étude du grand répertoire au détriment de cet aspect technique très cible du futur le plus probable de nos étudiants.

                                                                                                                David Walter

-->Walter Berry : l’art du naturel

Symbole vivant du beau chant viennois, le baryton-basse autrichien a donné au Conservatoire de Paris, du 25 au 29 janvier dernier, une master-class. Rencontre avec un autodidacte pédagogue malgré lui

 

Vous n’enseignez que depuis une dizaine d’années, à la Hochschule de Vienne...

Oui, mais en réalité cela fait bien trente-cinq ans que l’on me demande des conseils pour chanter, peut-être parce que l’on sait que nous y avons beaucoup réfléchi, mon ex-épouse Christa Ludwig et moi. J’ai donc donné de nombreuses master-classes durant ma carrière.

 

Quels sont les principes de votre enseignement ? Possédez-vous une méthode personnelle ?

Je déteste les méthodes ! Car les fondements sont identiques pour toutes les voix : une bonne ouverture de la bouche, la balance de la résonance, etc. Avec bien sûr des différences selon les catégories de voix et les individus, qui font tout le sel de l’enseignement : s’il suffisait d’appliquer une méthode, on croulerait vite sous l’ennui !

 

Est-ce que le fait d’enseigner vous renvoie à votre propre formation ?

Non, parce que je n’ai jamais eu de professeur ! Certes, j’ai fréquenté brièvement l’Académie de musique de Vienne, mais je suis entré à dix-neuf ans dans la troupe de l’Opéra de Vienne, après à peine un an d’études : j’ai eu à découvrir seul ce qui convenait à ma voix ; cela explique peut-être ma connaissance de son fonctionnement. Et ma réticence envers des professeurs que je soupçonnais de vouloir à tout prix appliquer leur méthode sans se soucier des spécificités de ma voix. 

 

Donc ni maîtres, ni modèles ?

Pas spécialement. Évidemment, j’ai côtoyé bien des célébrités du chant, par exemple le baryton Paul Schöffler qui m’a prodigué, entre deux parties d’échecs,  juste quelques conseils techniques.

 

Est-on assez prudent avec les voix jeunes ?

Dans mon cas personnel je le pense, sans pour autant me montrer trop prudent : on ne devient pas professionnel sans une bonne voix. Inutile de crier, mais tout autant de marquer ; la seule chose à faire quand on se sent fatigué, c’est de se taire. Le comble de l’art consiste à chanter naturellement : tel est le message que je tente de transmettre.

 

Et sur un plan pratique, peut-on aider ces jeunes à entrer dans la carrière ?

C’est très délicat. On se fait remarquer par l’imagination créatrice, celle qui permet de proposer sa vision personnelle des intentions cachées d’une partition. Pour le reste, c’est une question de chance à provoquer ou à saisir : comme Leonie Rysanek qui remplaça au pied levé la Callas malade dans Macbeth.

 

Il est des chefs d’orchestre qui ont joué un grand rôle dans votre carrière...

Ce sont Herbert von Karajan, Leonard Bernstein et surtout Karl Böhm, dont la gestique s’était considérablement décantée avec l’âge : seuls ses interprètes attitrés pouvaient s’y repérer avec précision. Karajan choisissait ses chanteurs : s’il n’y avait pas d’affinités, de compréhension mutuelle,  il était inutile d’essayer de chanter avec lui.

 

Est-ce que les rapports entre chefs d’orchestre et chanteurs ont fondamentalement changé ces dernières décennies ?

Le temps des chefs dictateurs est bien révolu, il leur faut aujourd’hui travailler davantage avec les chanteurs, ce que certains évitent, trouvant les instrumentistes moins sujets aux impondérables.

 

Est-ce que la mise en scène d’opéra a évolué dans le bon sens ?

Pas complètement. Quel sens a un Vaisseau fantôme sans aucune référence maritime ? Une Aïda frisant la pornographie ? D’accord pour des représentations modernes mais qui respectent l’esprit de l’œuvre au lieu de flatter l’ego du metteur en scène...

 

Estimez-vous avoir pu chanter tous les rôles que vous vouliez ?

Je ne peux vraiment pas me plaindre : du Baron Ochs à Telramund j’ai parcouru tout le répertoire de baryton-basse, de l’extrême grave à l’extrême aigu, sans compter tous les rôles dits buffo, Figaro, Papageno, Leporello, Guglielmo, Don Alfonso, etc. Deux rôles sérieux me plaisaient tout particulièrement : Wozzeck et Barak ; certes, je rêvais de chanter Cavaradossi, mais j’ai bien vite compris que cela ne serait pas possible ! Je me console avec les quelque 120 personnages que j’ai eu à interpréter... Débuter comme moi au sein d’une troupe à vingt ans, cela voulait dire accepter de petits rôles, puis faire ses preuves par exemple dans Masetto pour avoir la possibilité de chanter Papageno et ensuite des rôles plus complexes comme Figaro et Leporello : vous grandissez avec votre répertoire. A 24 ans, j’ai abordé mes premiers rôles dramatiques, Escamillo puis l’année suivante, poussé par Karl Böhm, Wozzeck, qui marque le début de ma carrière de Heldenbaryton. Sans pour autant  abandonner Papageno et – pour continuer à affiner la voix – le lied et l’oratorio.

 

 

A quoi tient le renom de la troupe du Wiener Staatsoper des années 50 ?

A vous parler franchement, à la taille des salles viennoises, ne dépassant pas le millier de places. Les chefs attitrés, comme Josef Krips et Karl Böhm, pouvaient y cultiver un style d’interprétation mozartienne tout d’élégance, qui s’est perdu en jouant dans des opéras surdimensionnés. Un journal américain a salué mes débuts en 1956 à Chicago (4 000 places !) par ce titre : « Des Noces sans Figaro » ! Parce que j’avais chanté à la viennoise alors que mes partenaires (Anna Moffo, Eleanor Steber, Giulietta Simionato et Tito Gobbi) adoptaient le style italien. Cela ne m’empêcha pas d’être réinvité l’année suivante, avec succès cette fois-ci : j’avais adapté le style mozartien à ces nouvelles normes internationales.

 

Un style viennois préservé grâce à des enregistrements légendaires...

Mais qui donnent une vision complètement différente de celle du théâtre. Le micro se prête parfaitement à l’intimisme. Les techniciens vous le confirmeront : il était plus facile d’enregistrer Rita Streich que Birgit Nilsson.

 

-->Emanuel Krasovsky : les cerfs-volants de la musique

A la recherche des courants ascendants capables d’emporter les musiciens vers l’essentiel, la découverte de leur personnalité, en compagnie du pianiste Emanuel Krasovsky, professeur à la Rubin Academy of Music de Tel-Aviv, en master-class au Conservatoire du 1er au 5 février dernier

 

Pourquoi enseignez-vous ?

J’espère être un guide efficace pour des jeunes gens talentueux dans leur découverte de la musique, et non un professeur désireux de tout régenter. La master-class  convient parfaitement à cette conception de mon rôle :  elle permet en peu de temps, si l’on trouve la bonne incidence, de faire passer quelques idées à méditer.

 

Possédez-vous une méthode particulière d’enseignement ?

Non, mais j’ai été très marqué par l’enseignement ponctuel de certains disciples de Schnabel (Leonard Shure, Aube Tzerko), qui nourrissaient leurs interprétations d’une connaissance intime de la musique, au lieu de vouloir plaquer une technique sur elle.

 

Et vous, quelles sont vos obsessions pédagogiques ?

Pour moi, le but ultime de l’enseignement, c’est de former des interprètes capables d’insuffler la vie à la musique, dans le respect du texte et du style de chaque œuvre. Il leur faut pour cela essayer – quitte à se tromper – de retrouver la pensée cachée du compositeur. Les problèmes techniques se résolvent d’eux-mêmes si vous découvrez le courant spirituel qui permettra à votre interprétation, cerf-volant musical, de prendre son essor.

 

Mais il ne suffit pas d’être bon musicien pour faire carrière...

Je ne peux enseigner que ce que je connais, la musique. Je laisse à d’autres le soin de gérer la carrière des étudiants. Le mélange des genres ne me semble pas souhaitable : le musicien qui essaye de prendre en main cette gestion risque d’y perdre la sérénité et la concentration nécessaires à la compréhension des œuvres. Il y a évidemment des exceptions géniales, comme Barenboim qui arrive à tout faire avec le même bonheur.

 

Le concours est-il la meilleure voie vers la carrière ?

C’est la pire ! En soi, le concours n’est pas mauvais, si vous l’envisagez uniquement comme un prétexte à travailler de nouveaux répertoires et à progresser. Mais il ne faut rien en attendre de concret, puisque même les prix n’offrent aucune garantie de reconnaissance. Mais tant qu’on n’aura pas trouvé autre chose...

 

On ne peut pas faire d’économie de temps dans ce métier...

Ce type de raccourci peut effectivement s’avérer très dangereux, car il peut contrecarrer le cours naturel de vos acquisitions personnelles. De plus le concours suppose qu’au lieu d’agrandir votre répertoire de prédilection vous arriviez à tout jouer aussi bien.

 

 Y a-t-il des constantes chez les étudiants que vous rencontrez ainsi à travers le monde ?

Je rencontre partout le même dévouement à la cause de la musique, mais je trouve que les étudiants de Paris possèdent à la fois talent et professionnalisme, indépendance d’esprit et discipline. Détail significatif : ils choisissent en général les meilleures éditions pour leur travail. J’ai été surpris cependant par le répertoire étudié pour cette master-class : pas une seule œuvre de Schubert ou de Brahms, une seule de Mozart, mais par contre beaucoup de Chopin.

 

Qu’attendez-vous de vos élèves ?

Qu’ils s’engagent musicalement dans chaque note jouée, avec intégrité et personnalité, comme hier Arrau, Bachauer et Serkin, et aujourd’hui Lupu et Schiff, tous différents et uniques. Je m’inquiète d’une certaine confusion des valeurs répandue dans l’enseignement, en Allemagne notamment,  par de soi-disants héritiers de l’école russe du piano prônant un jeu brillant et superficiel. Je tente de développer chez mes élèves une perception claire de leur avenir musical, tendue vers l’essentiel. Mon rôle se limite à leur indiquer la bonne direction, en espérant un jour apprendre d’eux à mon tour.

 


METIERS


-->Isabelle Pierre : du côté d’ailleurs

Etudiante en deuxième année de la classe de flûte de Sophie Cherrier, Isabelle Pierre vient de faire, dans le cadre des échanges internationaux du Conservatoire de Paris, l’expérience d’un séjour d’études sur un campus américain illustre, celui de l’Université de Yale. Une première riche d’enseignements...

 

Cet échange – le premier entre l’Université de Yale et le Conservatoire – a été pour moi une chance inouïe, une expérience très forte tant sur un plan personnel que sur le plan musical. Pendant ces quatre mois, j’ai partagé ma vie entre mes cours de flûte avec Ransom Wilson, ceux d’histoire de la musique et d’analyse, la musique de chambre et l’orchestre.

Ransom Wilson était venu quelques mois auparavant écouter la classe d’Alain Marion. L’échange s’est fait avec un de ses élèves, Leonardo Hiertz. En règle générale, les étudiants américains sont plus âgés que nous et possèdent de ce fait une plus grande maturité. Leur niveau technique est, par contre, disparate, du fait de débuts souvent tardifs. Ils manifestent tous un fort appétit de connaissances, d’augmenter leur répertoire et de jouer en toutes occasions. Le cours d’instrument s’inscrit dans une logique d’acquisitions globales. J’ai dû m’adapter à la conception américaine de la théorie musicale, qui accorde une grande importance à l’oreille relative.

Mon premier grand choc a été provoqué – non par les hamburgers et autres nourritures typiques – mais par la pratique de l’orchestre. Dès la rentrée, nous avons préparé en session un concert Stravinsky, dont le premier tutti (Il n’y a jamais de partielles) ressemblait quasiment à un filage : c’est dire que la majorité des étudiants avaient déjà joué ce programme, quant aux autres ils l’ont déchiffré sans hésiter. La pratique d’ensemble fait vraiment partie, dès le début des études, de la culture des musiciens américains. Non seulement ils en ont l’habitude, mais ils en assurent également l’organisation et se comportent sur tous ces aspects en véritables semi-professionnels. J’ai pu ainsi présenter mon premier récital, avec le programme de mon choix, devant un public venu de confiance, et participé (en trio flûte-contrebasse-piano !) à des concerts de musique de chambre.

Mais le campus, ce n’est pas seulement la « School of Music » et ses 195 étudiants, c’est un ensemble de jeunes du monde entier, toutes disciplines confondues, c’est une vie sociale et culturelle foisonnante ; tout semble organisé pour vous mettre à l’aise. Les problèmes pédagogiques ou administratifs se règlent en toute démocratie, autour d’un verre ou d’une pizza.

Je ne peux que recommander à tous de profiter également de ces échanges internationaux. Personnellement, je crois y avoir trouvé le déclic qui va me permettre de m’exprimer en tant que musicienne. On se situe mieux après être allé voir ailleurs ce qui se passe. Ce fut pour moi une remise en cause salutaire de mes acquis, en même temps qu’une plus grande prise de responsabilité. Mais il faut être prêt psychologiquement à cette remise en question, à intégrer de nouvelles connaissances sans pour autant perdre son cap personnel.

Un dernier conseil : si comme moi vous raffolez de fromages, faites vos provisions avant le départ !

 

 

-->Mécénat musical Société Générale

Cette année encore, dix-huit bourses ont été attribuées à des étudiants ou à des formations en Cycle de perfectionnement et de spécialisation du Conservatoire de Paris. Ce sont ainsi plus de 250 bourses (de 1 000 à 50 000 F) que Mécénat Musical Société Générale, fidèle à sa politique de soutien aux jeunes talents, a versées, depuis 1988 aux étudiants des deux conservatoires supérieurs de Lyon et Paris. Elle apporte également, au Conservatoire de Paris, son soutien aux classes de Formation supérieure aux métiers du son et, depuis 1996, à l’organisation des « Avant-Scènes ». Le soutien aux jeunes talents n’est qu’une des directions fondamentales de l’action de Mécénat Musical Société Générale, également soucieuse de sauvegarder le patrimoine musical, de favoriser la connaissance et la pratique musicale. Ses interventions, caractérisées par des aides temporaires, mais déterminantes, ont permis la réalisation d’innombrables projets musicaux de qualité, qui aujourd’hui, grâce à cette impulsion initiale, peuvent voler de leurs propres ailes.

 

La commission du Conservatoire de Paris du 23 mars 1999 a désigné les lauréats suivants :

Achat d’instruments ou de matériel

Thierry Amadi (un violoncelle), Frédéric Defossez (un violoncelle), Michaël Gavazzi (matériel informatique et un piano), Thomas Grimmonprez (une batterie), Emmanuelle Guigues (une viole de gambe), Philippe Leroy (restauration d’un pianoforte), François Mereau (un alto), Soo-Hyun Park (un pianoforte), Naoko Yoshimura (une clarinette basse).

Stages à l’étranger

Quatuor Antarès (Sienne), Evelina Borbei (Verbier), Alessandra Galleron (Belgique), Jiri Heger (Nashville, USA), Bergame Periaux (USA).

Divers

Corinne Schneider (Colloque Liszt à Budapest), Arnaud Soufflet (réalisation d’un DVD), Yuzuki Suganuma (concours de Munich), Ferenc Vizi (Concours de Munich).

-->Telc : à la découverte de la musique tchèque

L’Institut Français de Prague et la Mairie de Telc (Bohême) organisent du 4 au 14 juillet 1999, pour la cinquième année consécutive, une académie d’été destinée à faire connaître, d’une part la musique tchèque pour cordes et piano aux instrumentistes français, d’autre part l’école de vents française aux instrumentistes tchèques. Des musiciens tchèques de grande renommée assurent l’enseignement de la musique tchèque : le violoniste Jan Talich, soliste et chambriste dont le nom est synonyme d’une grande tradition, le violoncelliste Jiri Barta et le pianiste Jaromic Klepar, tous deux lauréats de plusieurs concours internationaux.

Située non loin de l’ancienne route qui reliait Prague à Vienne, la ville de Telc est inscrite depuis 1992 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Véritable trésor de l’architecture de la Renaissance, cette ville charmante de six mille âmes est une destination de prédilection pour les nombreux touristes.

 

Conditions de participation

Les candidats seront sélectionnés sur dossier et retenus dans la limite des places disponibles.

Participation financière (cours, hébergement, repas compris) : 1200 F.

Le voyage jusqu’à Prague est à la charge de l’étudiant (possibilités d’aller/retour en car pour moins de 800 F). Le trajet Prague/Telc/Prague sera pris en charge par l’Institut Français.

 

Dossiers d’inscription à rendre avant le 30 avril 1999.

 

Formulaires d’inscription et renseignements :

Service des Relations Extérieures, Bureaux 338, 339 ou 334. Tél. 01 40 40 46 22.

ou

Lucie Prazdna, Institut Français de Prague. Tél. 00 420 222 23 31 01 ou Fax : 00 420 222 23 05 79.

 


ECOUTER / LIRE / VOIR


-->Maurice Maréchal : Paroles d’un Poilu

Afin de célébrer le 80e anniversaire de l’Armistice de 1918, Radio France rassembla avec l’aide des auditeurs de ses antennes locales 8 000 lettres écrites par des Poilus. Deux livres, publiés en 1998, en sont l’émouvant  reflet ; œuvres, pour la plupart, d’une poignée de ces huit millions d’inconnus qui furent mobilisés, et dont le quart ne revint pas, ces lettres émanent parfois de plumes célèbres : Alain-Fournier – tué le 18 septembre 1914 – et Jean Giono, mais également de célébrités en herbe comme le violoncelliste Maurice Maréchal, âgé de 22 ans en 1914. Premier prix du Conservatoire de Paris en 1911, et futur professeur (de 1942 à 1963), le soldat de 2e classe Maréchal, matricule 4684 classe 12, du 274e Régiment d’Infanterie, troqua la pique du violoncelle contre la fourche de la bicyclette d’agent de liaison. Avec un sentiment mêlé de fierté et de doute : « Je ne suis pas, je ne veux pas être lâche, mais l’idée que je pourrais, pour une balle idiote qui ne prouvera rien ni pour le Droit ni pour la Force, gâcher tout mon avenir et surtout briser tout l’édifice édifié péniblement par ma chère petite mère au prix de tant de sacrifices, je suis pris d’un tremblement d’angoisse qui me tord ! »

Un de ses compagnons d’infortune  lui fabriqua, avec les débris d’une porte et d’une caisse à munitions, un violoncelle « de campagne », qui, orné des signatures des généraux Foch, Pétain, Mangin et Gouraud, fait aujourd’hui partie des collections du Musée de la musique.

 

- Paroles de Poilus..Lettres et carnets du front, 1914-1918. Sous la direction de Jean-Pierre Guéno et d’Yves Laplume. Librio, 1998

- Paroles de poilus. Lettres de la Grande Guerre. Sous la direction de Jean-Pierre Guéno et d’Yves Laplume. Ed. Tallandier-Historia, 1998

-->Nouveautés de la Médiathèque

Pour la section de consultation, ont été acquis les publications de l'American Institute of  Musicology.

 

- L’ intégralité des collections : Corpus scriptorum de musica (42 volumes d'écrits et de traités des périodes X-XVe siècle) et Musicological studies and documents (52 volumes).

 

- Dans la collection Corpus Mensurabilis musicae, les titres suivants :

 

CMM21 Cypriot-French Repertory

XVe siècle. La polyphonie dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Turin édité en 4 volumes avec appareil critique et fac-similés.

 

CMM39 The Motets of the Manuscripts Chantilly

Manuscrits du Musée Condé et de la Bibliothèque Estense de Modena.

 

CMM 66 Mittandier et Vassal

Recueil de chansons polyphoniques de la première moitié du  XVIe siècle.

 

CMM 67 Jehan Erart

Trouvère d'Arras du  XIIIe siècle.

 

CMM 68 Motets of the Manuscript La Clayette

Musique de l'Ecole de Notre-Dame (1215-1250).

 

CMM 85 Anonymous. L’Homme Armé

Messes à Naples

 

CMM 88 Manuscrits El Escorial

Provient de la Bibliothèque du Monastère

 

CMM 103 Les Chansons mises en musique de Gontier de Soignies

 

CMM 107 Trouvère Lyrics with Melodies

 

 

Dans la collection Paléographie musicale éditée par l'Abbaye de Solesmes, la Médiathèque s'est enrichie des volumes suivants :

 

Série I vol. 9            Antiphonaire monastique (XIIe siècle). Codex de la bibliothèque capitulaire de Lucques.

 

vol.11            Antiphonale Missarum Sancti Gregori (Xe siècle)

                        Codex 47 de la Bibliothèque de Chartres.

 

vol.12            Antiphonaire monastique (XIIIe siècle). Le Codex F. 160 de la Bibliothèque de la Cathédrale de Worcester.

 

vol.18  Le Codex 123 de la Bibliothèque Angelica de Rome (XIe siècle) Graduel et Tropaire de Bologne.

 

vol.20  Le missel de Benevent VI-33. Le manuscrit VI-33. Archivio Arcivescovile  Benevento. Missel de Benevent (début du XIe siècle).

 

 

 

Des acquisitions en faveur du répertoire piano solo, violon (violoncelle) piano, duo violon/violoncelle... de compositeurs peu représentés à la Médiathèque. Nous citerons :

Nikos Skalkottas, Otmar  Nuscio, Keith Humble, Issay Dobrowen, Ladislav Kupkovic, Paul Patterson, Gaspar Cassado, Francesco Valdambrini, Hanns Eisler, Erwin Schulhoff, Pantscho Wladigeroff, Wesselin Stojanoff, David Bedford, Bernard Rands, Rodion Schtschedrin, Roman Hanbenstock-Ramati, Todd Brief, Beat Furrer, Christoph Hempel, Arvo Part...

 

 

-->Droit de regard

Depuis dix ans, les productions du service audiovisuel enrichissent la mémoire du Conservatoire, en gardant la trace des moments forts de son histoire. La pédagogie en constitue évidemment le fil conducteur, des master-classes aux prestations publiques des professeurs et des étudiants danseurs et musiciens. La vidéo permet ainsi de revivre les leçons des maîtres de passage, soit en archive intégrale (Edith Picht-Axenfeld, Shlomo Mintz, Anner Bylsma et Jean-Pierre Rampal), soit en version condensée (Christa Ludwig, Yehudi Menuhin, Paul von Schilhawski, Henriette Puig-Roget, Randy Weston et Charles Rosen). De revoir les chorégraphies créées ou reprises  par le ballet du Conservatoire (signées Angelin Prejlocaj, Daniel Larrieu, Dominique Bagouet, Donald Byrd, Claude Brumachon, Robert North et Carolyn Carlson).

La pédagogie est également présente, dans les enregistrements de concerts (Michel Portal, Randy Weston, la Passion selon Saint Jean, « Serpent, ophicléide et tuba »), de productions lyriques (Mahagonny de Weill, Le Tour d’écrou de Britten, La Serva Padrona de Pergolèse), de conférences (Karlheinz Stockhausen, Pierre-Laurent Aimard) et  de l’Académie du XXe siècle de 1995 (atelier de Pierre Boulez et atelier de David Robertson). Elle commande les différentes thématiques des séries documentaires : Un instrument  ( « Métamorphose d’un instrument du serpent au tuba »), un personnage – une œuvre (Entretiens avec Marcel Mule et Georges Barboteu).

Toutes ces cassettes sont disponibles à la Médiathèque Hector-Berlioz, tant au prêt qu’à la consultation.

Dernières parutions

Côté danse, les trois vidéos reflets de la « Carte blanche à Lucinda Childs ». Côté musique, master-class de Barthold Kuijken, master-class de Jaap Schröder, master-class de Charles Rosen et une version courte de la master-class donnée par Shlomo Mintz en 1996, enrichie d’une interview : « Autour du violon ».